Éco-conception et communication éco-responsable

numérique écoresponsablesobriété éditorialesobriété numérique

Publié le 05 décembre 2022

Stratégie web, communication, production de contenus, développement, design, … découvrez les leviers opérationnels pour passer le cap de la transition numérique responsable dans vos activités professionnelles. Depuis la compréhension de vos impacts, aux solutions et à leur mise en place.

 

Dans ce dernier épisode, nous nous sommes intéressées aux éco pratiques numériques sous l’angle des différents métiers du web. Découvrez les conseils de nos experts et expertes pour réduire votre empreinte numérique côté pro.

Les experts et expertes en question :

 

Plan du résumé 

L’impact de vos actions numériques

Les pratiques numériques responsables

  1. Stratégie web
  2. Eco-conception web
  3. Développement vert
  4. Hébergement responsable
  5. Sobriété éditoriale

L’accompagnement vers un numérique responsable

Conclusion

 


L’impact de vos actions numériques

Pour vous encourager à optimiser vos pratiques numériques professionnelles, vous devez prendre conscience de l’impact environnemental de votre métier.

Margo Chaillou d’Improved Impact considère “qu’un site qui n’aurait pas été pensé en écoconception peut réduire de 15 à 30% son empreinte environnementale en moyenne.”

C’est énorme au regard de la simplicité des optimisations à effectuer pour réduire votre impact :

  • Compresser les images,
  • Faire attention au poids des pages,
  • Avoir un code propre et léger,
  • Développer des sites statiques plutôt que dynamiques,
  • Limiter l’usage de la vidéo : privilégier l’hébergement de vos vidéos sur Youtube, par exemple,
  • Et bien d’autres sur lesquelles nous reviendrons plus bas.

 

L’impact est encore plus flagrant pour les entreprises qui proposent des solutions pour générer des sites internet quasi “tout fait”.

Prenez une entreprise qui génère et héberge des milliers de sites web. Cela représente à peu près 2 tonnes de CO2… par semaine !

Quand on optimise, on peut diviser son impact par 3. C’est énorme !

 

Une autre idée reçue à déconstruire : un site écoconçu n’est pas un site moche.

Au contraire ! C’est même un site plus épuré. Et beaucoup plus fonctionnel. Donc qui engage et convertit mieux vos cibles en clients.

Il s’agit d’identifier les fonctionnalités ayant un véritable intérêt et ne garder que celles-là.

En plus, ça vous coûte moins cher au développement, vu que votre site est plus sobre.

Vous réduisez l’empreinte de vos actions numériques, sans nuire à la qualité de vos supports. C’est le principe de la sobriété numérique.

 

Enfin, une notion indispensable à garder en tête : toutes les entreprises sont concernées. Toutes peuvent améliorer leurs pratiques.

Ni la taille, ni le secteur, ni l’ancienneté de votre activité justifient de ne pas vous intéresser à l’impact de vos actions numériques.

Certes, selon vos activités, vous polluez à différents degrés.

Dans le dernier épisode sur les usages numériques, on vous parlait des terminaux, de leur fabrication notamment, et de leur colossale empreinte environnementale.

Même si elle est moindre comparée aux équipements, l’utilisation du numérique pollue beaucoup elle aussi.

Surtout si vous vivez dans un pays avec une énergie très carbonée (Allemagne, Belgique…).

Aujourd’hui, on compte plus d’1,92 milliard de sites Internet dans le monde. 800  000 sont créés chaque jour et ce chiffre n’est pas près de diminuer. C’est cet effet cumulé qui pollue énormément.

Donc une agence web, ou une ESN, par exemple, doit tout autant s’investir qu’un fabricant d’équipements numériques.

 

Les pratiques numériques responsables

Nous nous sommes concentrées sur les métiers de notre agence. Des métiers de communication, de développement et de production de contenus web.

Nous avons interrogé des expertes et experts dans chacun d’eux pour connaître leurs astuces et conseils pour réduire leur empreinte environnementale.

 

Stratégie web

La première étape : la stratégie web. Cette dernière va driver l’ensemble de vos décisions et créer de la cohérence entre vos différentes plateformes de communication.

Pour commencer une démarche positive, il faut faire un état des lieux et prioriser vos actions.

Ça veut dire réaliser un audit.

Vous pourrez ainsi prévoir un plan d’action pertinent. Avancer une étape après l’autre, plutôt que de foncer vers l’inconnu et vous décourager en cours de route.

L’audit vous permet par exemple :

  • D’identifier les priorités humaines, comme la capacité de sensibilisation des collaborateurs et collaboratrices, les besoins en formation.
  • D’évaluer l’impact financier. Par exemple, est-ce qu’il va y avoir un parc informatique à renouveler, ou une application à refondre complètement ?
  • Et donc de prioriser vos efforts à cet instant T.

 

Improved Impact : plus qu’un outil d’audit de votre empreinte numérique

Notre partenaire Improved impact propose une solution qui audite la dimension environnementale ET sociale grâce à un algorithme basé sur une centaine de critères.

Margo nous explique :

“Pour vous donner des exemples de tests qui sont réalisés ; on va regarder si on peut naviguer au clavier, si le site est accessible à des outils d’assistance pour les personnes en situation de handicap…

Et sur la partie environnementale, on va plus aller voir la compression du site internet, le poids des images, des vidéos. Est-ce qu’elles sont de bonne qualité, tout en ayant un poids correct ?

Et on donne également des équivalences.

Parce que la pollution numérique ou l’impact social, ça reste très flou pour beaucoup de gens. Donc on va leur expliquer pourquoi c’est important de le faire. Et puis, qu’est-ce que ça représente en termes de consommation électrique ? En termes de production de CO2 ? Et en termes de population qui peuvent ou pas accéder à leur site Internet ? ”

 

Maintenant que vous comprenez l’intérêt d’évaluer l’impact de vos activités numériques, place à l’audit.

2 options s’offrent à vous :

  • Le réaliser vous-même. En vous basant sur des guides et référentiels. Mais vous risquez de perdre pas mal de temps, surtout si vous ne maitrisez pas le sujet.
  • Le faire faire par un tiers.

 

Si vous partez sur la 2ème option, comment vous assurer que l’outil ou les personnes avec lesquelles vous travaillez réalisent un bon audit ?

Transparence et simplicité sont les mots d’ordre.

Vous devez pouvoir comprendre la méthodologie et les critères de l’audit facilement.

Les recommandations doivent être limpides pour faciliter la mise en place du plan d’action.

Vers qui ou quoi se tourner ?

  • Vous pouvez commencer par un outil gratuit, comme Website Carbone pour un électrochoc ludique. Vous voyez votre émission de CO2 en poids d’un sumo.
  • Vous avez aussi GreenIT et son extension de navigateur pour mesurer votre pollution numérique sur quelques critères.
  • Du côté des outils payants, vous avez Improved Impact pour une solution plus poussée avec des recommandations sur-mesure.
  • Sinon, vous pouvez faire appel à des entreprises spécialisées comme Resilio.

 

Sachez aussi qu’un audit automatisé à 100%, c’est impossible. Vous avez nécessairement besoin de faire intervenir une expertise humaine pour qu’il soit complet.

Si vous travaillez avec une personne tierce, interrogez-la pour comprendre sa façon de travailler et son approche.

 

Resilio, l’accompagnement poussé multicritère

Chez Resilio justement, Anne Rabot nous confiait que les experts et expertes utilisent une méthodologie appelée “Analyse de cycle de vie multicritère” :

  • Elle tient compte des quatre étapes du cycle de vie des équipements numériques :
    • la fabrication,
    • la distribution,
    • l’usage,
    • et la fin de vie.
  • Elle se base sur les 16 critères environnementaux recommandés par le PEF (Product Environmental Footprint) :
    • l’extraction des métaux et minéraux,
    • la pollution aux particules fines,
    • l’acidification,
    • l’eutrophisation de l’eau (Apport excessif d’éléments nutritifs dans les eaux engendrant un déséquilibre de l’écosystème.
    • etc.

Cette dimension multicritère permet d’avoir une approche globale. Elle vise à aller beaucoup plus loin que simplement les enjeux climatiques. Elle essaie en effet de prendre en compte les effets rebond. Et tous leurs impacts sociétaux.

 

L’audit est loin d’être une démarche punitive pour les entreprises. Il s’agit plutôt d’une démarche éducative favorisant l’implémentation d’une transition numérique intelligente en entreprise.

Une étape primordiale pour lancer une stratégie réellement impactante.

On vous invite aussi à avoir une vision d’ensemble autour de la construction de votre service numérique et ce dès le départ. Tous les métiers ont un impact. Il y a plein d’engrenages, on ne peut pas tout maîtriser.

D’où la nécessité d’avoir une vision systémique et donc de travailler main dans la main tout au long du projet pour respecter ce challenge d’écoconception.

Par exemple, vous développez un service de publication de contenus ? Demandez aux contributeurs et contributrices comment ils et elles pensent l’utiliser.

S’ils veulent mettre des images, autant penser tout de suite à une fonctionnalité d’optimisation automatique du poids des images en fonction du terminal de lecture.

 

Eco-conception web

Si vous connaissez le numérique responsable, vous avez sûrement entendu parler d’écoconception. C’est un pilier fondamental.

L’écoconception doit intervenir dès le début de la construction de vos plateformes numériques.

L’objectif est de réduire leur impact dès leur création.

Comment faire ? Appliquer des bonnes pratiques de sobriété et de frugalité.

Le phénomène le plus poussé de cette démarche est celui des “low tech« . Avec comme concept directeur : “less is more”. Donc moins on en fait, plus on gagne derrière.

Et c’est vrai aussi bien côté design, que côté code ou architecture du réseau (oui, la démarche d’écoconception va plus loin que le design).

 

Le Low tech,on va dire que c’est presque le Mad Max du numérique. Il n’y a plus d’électricité, mais on a encore des services numériques. –Christophe Clouzeau

 

 

Par exemple : un site tellement léger qu’il tourne sur un Rasberry Pi avec des batteries alimentées par un panneau solaire.

Pour adopter une démarche d’écoconception, on vous invite à lancer votre réflexion autour des unités fonctionnelles de vos services.

Qu’est-ce que c’est une unité fonctionnelle ?

C’est le cœur du service numérique, la fonctionnalité primaire. Comme par exemple “rechercher un billet de train” ou “faire un podcast” ou encore “échanger en visio”.

On parle aussi de Green UX.

Le principe est simple : challenger l’unité fonctionnelle en mettant le minimum de services additionnels. Ces derniers ajouteraient de l’obésité et de la surcharge au cœur du service numérique.

Pour réussir à mettre en place ces bonnes pratiques, Christophe nous a recommandé de rester humble, ouvert ou ouverte et curieux ou curieuse.

C’est une démarche d’amélioration continue qui apprend tous les jours à celui ou celle qui la met en place.

Un autre conseil pour vous lancer dans l’écoconception : la mesure.

Mesurez tout le temps ce que vous faites.

Ce que vous pouvez mesurer :

  • Votre réseau pour voir ce qui arrive en bout de chaîne, sur votre écran. Si vous êtes un minimum à l’aise avec le développement web, ouvrez le tools du navigateur, regardez les requêtes, les données transférées une fois décodées et compressées. Testez avec du Lighthouse, ou d’autres outils.
  • Vos serveurs pour tout ce qui se passe derrière.
  • Votre intelligence artificielle, si vous y avez recours.

 

Donc vous mesurez, vous rectifiez, vous mesurez à nouveau, vous rectifiez, etc. Un peu comme une méthode agile.

Jusqu’au moment où vous considérez que c’est bon, vous pouvez alors mettre en ligne. C’est-à-dire à disposition de votre cible, vos utilisateurs et utilisatrices.

Une fois mis en ligne, ce n’est pas fini. Il faut continuer à mesurer pour voir si votre service est toujours sobre, ou si, au contraire, il explose les scores de consommation de CO2.

 

Enfin, la formation a une place centrale dans l’écoconception numérique. Que ce soit pour vous ou pour vos clients, pour les former à utiliser vos services numériques de manière optimale et sobre.

La formation doit être spécifique à chaque métier. Vous pouvez commencer en autonomie avec des MOOC.

Christophe recommande le MOOC de l’INR, l’Institut du Numérique Responsable et le MOOC de l’Inria.

On vous invite aussi à consulter les démarches de la DINUM, notamment le guide bonnes pratiques du numérique responsable, sorti en février 2022. Ou encore les 115 bonnes pratiques du collectif GreenIT, dont la 4ème édition est sortie en 2022.

 

Développement vert

Certes, les lignes de code, c’est moins dramatique comparé aux équipements et à l’hébergement.

Cependant, mises bout à bout, elles ont leur rôle à jouer. C’est là qu’intervient le développement vert.

Les mots d’ordre : minifier, compresser, réduire… Bref, on allège au maximum.

 

Plus votre site va être léger, mieux c’est ! –Florian Doyen

 

 

Minifier, c’est enlever tout ce qui est espaces, tabulations, sauts de ligne et tous les caractères invisibles qui ne servent à rien dans un fichier.

Donc minifier les fichiers JavaScript et CSS, c’est les rendre plus légers en termes de poids.

Cette démarche a d’ailleurs un triple intérêt :

  • Un geste pour l’environnement,
  • La rétention des internautes sur votre site, car il est rapide,
  • Un meilleur référencement, car il propose une meilleure expérience utilisateur,

 

On parle depuis peu du green code.

Pour l’instant, il existe encore peu de concepts en tant que tel sur ce code plus vert. L’idée est principalement d’éviter l’obésité du code en le faisant le moins lourd possible.

Pour résumer, voici quelques recommandations de Florian pour un développement plus écoresponsable :

  • Alléger vos fichiers Javascript,
  • Optimiser le poids de vos images,
  • Optimiser votre code pour le rendre plus léger,
  • Utiliser des langages bas niveau (compilés) comme le C, le C++, ou Python. Donc éviter le PHP par exemple, langage interprété, plus gourmand qu’un langage compilé. Même si on peut tout de même l’optimiser.
  • Choisir des langages universels pour que votre site soit accessible sur différents navigateurs. Consultez l’encadré suivant pour en savoir plus sur le sujet !
  • Développer plutôt des progressive web apps. Comme ça, vous ne développez qu’une seule fois pour IOS et Android.

 

En plus, tout est lié. Rendre un site léger, c’est bon pour :

  • Le SEO, donc vos performances et votre notoriété sur les moteurs de recherche,
  • L’accessibilité,
  • La planète !

 

Donc autant se lancer non ?

Pour vous lancer, voici quelques ressources :

  • Côté CMS écoresponsable : monsitevert. Avec :
    • Une consommation CO2 proche de 0,
    • Toute une procédure d’optimisation des codes html, css, des images nativement,
    • Donc il y a un engagement et de vrais efforts sur toute la chaîne,
    • L’inconvénient, c’est que c’est un CMS local. La communauté n’est pas (encore) très grande. Il est plus difficile de trouver des infos quand on rencontre un problème et qu’on doit débugger.

 

Language universel vs langage propriétaire

Prenez le cas d’Apple. L’entreprise a ses propres terminaux, ses propres matériels et son propre langage. Donc ça donne un circuit fermé.

D’une part, quand vous achetez un iPhone, vous devez aussi acheter tout ce qui va avec (chargeur, etc.).

D’autre part, côté développement, si vous voulez développer une application pour Android et pour iPhone, vous aurez besoin de deux terminaux pour la tester au lieu d’un. Un smartphone classique qui tourne sous Android et un iPhone pour tester l’application sur iOS.

Vous vous rappelez de l’impact qu’ils ont sur la planète ?

On aurait donc beaucoup moins d’impact si on pouvait fusionner Apple et Android. Le problème, c’est que maintenant Apple est tellement ancré que ce n’est pas prêt d’arriver.

 

 

Hébergement responsable

Parmi les bonnes pratiques numériques, il y a un choix très important à faire : votre hébergeur.

Certes, comme Tristan Nitot nous l’a rappelé, ce qui prime avant tout, c’est l’écoconception de votre site. S’il est plus léger, il polluera moins, quel que soit l’hébergeur.

Maintenant, pour pousser la réduction de votre empreinte carbone encore plus loin, vous devez privilégier un hébergeur :

  • qui utilise des systèmes de refroidissement plus verts,
  • dans un pays avec une énergie verte ou du moins largement décarbonée.

Comme la France !

 

De notre côté, nous avons choisi Octopuce comme hébergeur, pour son engagement écoresponsable. En plus, ils sont très réactifs.

Sinon, vous avez aussi Infomaniak ou Ex2. Surtout, évitez les serveurs WS Amazon. Et là, ce n’est pas que pour la planète…

Tristan nous a tout de même mises en garde sur le paradoxe de l’hébergeur responsable. Car l’énergie qu’ils consomment est la même que celle des autres datacenters, mais ils achètent en plus de l’énergie verte (éolienne, etc.).

Donc c’est souvent un peu obscure. Il faut aller chercher l’information.

Il faut se méfier des entreprises qui disent « compenser » leurs émissions de gaz à effet de serre, en plantant des arbres ou autre. Ça veut dire qu’à la base, elles polluent autant qu’un autre hébergeur.

 

On dit non aux entreprises qui font du greenwashing !

Parlons un peu des entreprises qui disent compenser en plantant des arbres. Déjà, quand on plante un arbre, celui-ci met en moyenne 30 ans à absorber le CO2. Ça veut dire que ces entreprises ne compensent pas leur pollution actuelle.

D’autre part, la plupart plantent des arbres de la même espèce à la chaîne. Sauf que ce n’est pas bon du tout côté diversité. Ce qu’il faudrait faire, c’est planter des forêts. Donc au moins 4 espèces d’arbres et pas alignées en rang d’oignons. Sinon, ce n’est pas durable.

Le discours de ces entreprises est donc pour le moins bancal.

 

Pour déconstruire d’autres idées reçues sur le numérique responsable et aiguiser votre flair côté greenwashing, on vous invite à suivre le podcast Octet vert de Tristan Nitot. Un podcast qui parle de climat, de numérique et qui file la pêche.

Pour l’avoir eu à l’antenne du nôtre, on vous garantit que l’on est ressortie avec la banane… et avec encore plus d’envie d’agir !

 

Sobriété éditoriale

Les 4 pilliers de la sobriété éditoriale

La sobriété éditoriale est un sujet que nous avons découvert avec Ferréole Lespinasse et qui nous a passionnées.

C‘est l’une des déclinaisons de la sobriété numérique. Et notre experte la mobilise depuis plus de quinze ans.

Pour Ferréole, les principaux objectifs des entreprises qui adoptent ce modèle de communication responsable sont :

  • Respecter la charge mentale de l’internaute,
  • Réduire la pollution numérique de leurs actions,
  • Augmenter l’efficacité de leur communication.

 

Voici d’autres avantages à adopter la sobriété éditoriale :

  • Fluidifier le parcours utilisateur,
  • Faciliter le passage à l’action de vos prospects ou internautes,
  • Gagner la confiance de vos utilisateurs et utilisatrices,
  • Booster votre image de marque,
  • Améliorer votre référencement de manière efficace et pertinente,
  • Réduire les coûts de production avec un dispositif éditorial raisonné,
  • Réduire la charge mentale de vos collaborateurs et collaboratrices,
  • Et donc booster leur bien-être au travail, leur performance et leur productivité.

 

Finalement, la sobriété éditoriale, c’est une optimisation de votre communication. Moins de contenus, mais toujours de qualité et pour plus de résultats.

Alors prêt et prête à intégrer la sobriété éditoriale à votre stratégie de communication ?

Pour faire vos premiers pas dans ce modèle de communication vertueux, on vous propose de suivre les 4 piliers qui la caractérisent.

 

Quelques chiffres en faveur de la sobriété éditoriale.

Selon une étude de ahref (citée par Ferréole) :  l’augmentation des données numériques va tripler d’ici 2025.

  • 80% des pages Google n’ont pas de trafic.
  • Le trafic sur un site est généré par 20% de son contenu.
  • Une application perd en moyenne 70%, puis 90%, puis 95% de ses utilisateurs et utilisatrices dans les 3 premiers jours, puis mois de sa mise en ligne.
  • 45% des fonctionnalités d’un système numérique ne sont jamais utilisées.

Donc se pose la question de l’utilité de produire autant de données…

Sachant que 70% des leviers pour réduire l’impact environnemental se trouvent dès la conception du service. Cela veut dire qu’il faut réfléchir bien en amont sur ce que l’on va faire, ou plutôt ne pas faire, pour réduire la pollution de son service.

On vous invite à lire le livre de Ferréole « Les 50 bonnes pratiques pour écoconcevoir vos contenus web » pour mieux comprendre ces chiffres.

 

Sincérité et alignement de votre image et de vos contenus web

En remplaçant la quantité par la qualité, vous atteignez une audience plus qualifiée. En phase avec vos valeurs. Surtout en lui parlant avec un discours authentique et singulier.

Et que vos actions se reflètent dans ce discours !

Ferréole souligne que les marques ont de plus en plus besoin d’incarner cette notion de sincérité, plutôt que de simplement la proclamer.

A l’ère de la sur-information et du snack content, les internautes recherchent des entreprises affichant une cohérence entre ce qu’elles disent et ce qu’elles font.

Donc exprimez votre ADN, soyez authentique !

 

Utilité et efficacité de vos contenus web

Pas besoin de suivre les injonctions par rapport à la fréquence de publication. Il vaut mieux réfléchir au sens et à l’impact de chacune de vos actions.

Des impacts côté :

  • Humain : la charge de travail que vous imposez à votre équipe, la charge mentale des internautes, les personnes que vous pourriez blesser par vos mots (on vous recommande notre série sur l’accessibilité et l’inclusion numérique pour en savoir plus).
  • Environnement : la pollution émise par vos contenus.
  • Economie : vos objectifs, vos ressources internes.

 

Toutes vos actions de communication doivent être utiles, soit pour votre entreprise, soit pour vos utilisateurs et utilisatrices.

Il ne s’agit pas de servir l’ego de votre entreprise ou de son dirigeant ou de sa dirigeante, mais d’informer avec une volonté d’élever le débat.

Pour le garantir, interrogez-vous sur :

  • Les besoins et intérêts de vos internautes,
  • Vos objectifs de communication.

 

Si vous êtes en mesure de bien répondre à ces 2 questions, vous pouvez effectuer votre action de communication.

Sinon, vos contenus et l’intérêt de votre campagne sont à revoir.

Quand vous communiquez, privilégiez un discours clair et simple. Ça garantit son efficacité et sa transparence.

 

L’idée, c’est d’être vraiment dans du Pratique et pas dans du blabla.-Ferréole Lespinasse

 

 

La durabilité et l’entretien de votre contenu web

Il s’agit de piloter le cycle de vie de votre contenu.

Un contenu publié n’est pas du tout à la fin de son cycle de vie. Il peut être :

  • décliné,
  • mis à jour,
  • archivé et/ou supprimé.

 

L’objectif est vraiment de considérer le contenu de manière durable, avec une diffusion raisonnée.

Évitez de passer rapidement d’une campagne à une autre. Faites-la durer dans le temps pour l’amortir en quelque sorte. Essayez d’en tirer tout son jus avant de faire une nouvelle campagne.

De notre côté, on a réduit la fréquence de nos enquêtes. On en profite pour faire des résumés (comme celui-ci), des interviews… Histoire de les faire durer dans le temps.

 

Responsabilité, humilité et respect : c’est ça la sincérité !

Positionnez-vous avec justesse. Sans exagérer ou minorer vos actions. Restez humble tout simplement.

La sincérité est très liée au premier pilier de la sobriété éditoriale.

L’entreprise a la responsabilité de respecter l’internaute aussi bien dans son discours, que dans l’usage de ses données, etc.

Cela veut dire assumer toutes vos actions. Prendre votre responsabilité aussi bien pour vos actions positives que vos actions négatives.

Tant que vous assumez ce que vous faites, que vous reconnaissez vos erreurs, vous verrez, ça se passera bien.

 

Application de la sobriété éditoriale à votre site et vos réseaux sociaux

Passons maintenant à la pratique !

Il y a d’abord tout un travail en amont de la création de contenus. Notamment creuser les spécificités de votre communauté et de votre public cible.

Il s’agit d’aller plus loin qu’un persona réalisé sur un bout de table ou d’un coup d’œil à vos statistiques Instagram.

Il s’agit là d’un travail de fond recoupant :

  • les retours lors d’échanges commerciaux,
  • les questions récurrentes, celles posées à votre SAV, par exemple,
  • les impressions en commentaire,
  • les centres d’intérêt de votre communauté via les comptes qu’ils et elles suivent, par exemple.

Évidemment, ce sont des recherches à entretenir et à mettre à jour en continu. Elles se peaufinent au fil des années.

 

Une fois votre cible identifiée, vous pouvez lui parler.

Voici quelques conseils et astuces opérationnelles que Ferréole nous a partagés pour produire des contenus sobres :

  • Posez-vous les bonnes questions :
  • Votre communication a-t-elle une réelle valeur ajoutée pour vous et pour vos internautes ?
  • Va-t-elle être utile ?
  • Va-t-elle être efficace ? Et en termes de performance : n’y a-t-il pas une solution plus efficace et moins gourmande ?
  • Est-ce le seul moyen ? Existe-t-il des alternatives moins gourmandes ? Comme contacter directement les bonnes personnes au lieu de publier une annonce sur votre site. Ou bien mettre une affiche à la machine à café au lieu d’envoyer un mail interne à tout le monde.
  • Qui êtes-vous en tant qu’entreprise ?
  • Qu’avez-vous à dire que les autres ne disent pas ?
  • Quelles sont les thématiques qui intéressent votre cible ?
  • Assurez-vous que vos contenus cochent les caractéristiques d’un texte sobre :
  • clarté,
  • densité,
  • concision,
  • information utile,
  • information facile à trouver,
  • durabilité,
  • respect des règles d’écriture web.

 

Une fois vos contenus produits et mis en ligne, il s’agit de les entretenir pour les faire durer dans le temps. C’est ça la durabilité de vos contenus !

Conseils pour faire durer vos contenus :

  • Traîter des sujets intéressants sur le long terme. Sortir de la culture sur “snack content” et se positionner sur des territoires d’expression pour exprimer votre singularité.
  • Relayer vos contenus lourds (articles, podcast,…) sur les réseaux pendant plusieurs mois.
  • Révisez les contenus qui génèrent des intéractions. Vous pouvez les mettre à jour avec de nouvelles informations, des compléments de votre vision, l’intervention complémentaire d’experts et expertes, des chiffres, etc.
  • Fusionner les mini articles pour en faire un plus complet, mieux référencé.

 

Pour les contenus qui ne suscitent plus l’intérêt de votre audience, vous pouvez :

  • Les archiver, si vous pensez en avoir encore besoin pour plus tard.
  • Les transformer. Par exemple, créer une timeline de vos anciens articles de sensibilisation pour montrer que votre entreprise était pionnière sur le sujet que vous traitez.
  • Les supprimer tout simplement. Quand votre pensée évolue et/ou ne correspond plus à l’époque. Comme ça, vous libérez votre serveur et polluez moins.

Il s’agit vraiment de juger au cas par cas. Selon la situation et en fonction des statistiques de consultation.

 

Osez le slow content

A la base, c’est le titre d’un livre : “Osez le slow en entreprise” de Heidi Vincent, Delphine Poirier et Keyne Dupont.

L’idée, c’est d’adopter une démarche qualitative. Avec un respect de l’environnement et de toutes les parties prenantes. On tient compte de l’internaute, de sa charge mentale et de son temps d’attention.

Mais vous aussi : votre propre charge mentale et de travail.

Et cette approche, vous pouvez l’appliquer à tous les niveaux :

  • production de contenus,
  • prospection commerciale,
  • activités de votre entreprise, …

 

En plus, quand vous produisez moins de choses, c’est plus facile à maintenir dans le temps, vu que ça demande moins de travail.

De toute manière, on vit dans un monde avec des ressources limitées. Il serait puérile de continuer à croire en la croissance illimitée.

Donc, autant arrêter d’y contribuer dès maintenant en pratiquant le slow work.

 

Les 3 conseils ultimes de Ferréole :

Faites preuve :

  • De bon sens : aiguisez votre sens critique, restez lucides.
  • D’humilité : sachez à quelle place vous vous situez.
  • D’alignement : quelles causes voulez-vous servir avec votre plume ? Si vous travaillez pour des clients, êtes-vous en accord avec leurs valeurs ? En fait, avec qui voulez-vous travailler ?

 

Pour plus de conseils et de bonnes pratiques côté édito, on vous invite à lire son livre : “Sobriété éditoriale, 50 bonnes pratiques pour éco concevoir ses contenus web”.

 

La sobriété éditoriale, ça peut faire peur !

Souvent lorsqu’on évoque la sobriété éditoriale, on a peur d’avoir moins de visites, moins de ventes, une baisse de son référencement, …

Pour vaincre cette idée, il faut déconstruire votre peur du “moins”.

Ferréole, experte de la sobriété éditoriale depuis plus de quinze ans, est formelle : “Pour moi, la sobriété éditoriale n’est pas du tout antithétique avec le référencement.”

Au contraire, elle vous permet d’améliorer votre SEO, votre expérience utilisateur. Ce qui rime avec une augmentation des visites sur votre site et de leur durée.

La seule limite, c’est la vitesse à laquelle vous allez vous positionner sur un sujet. Ça vous prendra plus de temps en passant par la sobriété éditoriale.

L’intérêt en revanche, c’est une capitalisation sur le moyen-long terme avec des contenus répondant avec encore plus de pertinence aux intentions de recherche détectées.

Cela vous permet :

  • d’émerger comme un expert ou une experte,
  • d’avoir une véritable adhésion,
  • des leads ultra qualifiés avec de la conversion, de l’engagement et une fidélité plus élevée à la clé.

Donc vous cartonnez sur le long terme.

 

A vous de voir ce qui est le plus important : la rapidité (et la potentielle dégringolade par la suite) ou la durabilité ?

On vous le rappelle, la sobriété est une optimisation complète visant la pertinence.

On travaille aussi bien sur l’efficacité du parcours utilisateur, que la simplification de l’arborescence, la suppression ou la mise à jour des pages obsolètes, etc.

Sans compter que ce positionnement, c’est l’audace d’affirmer la différence de votre entreprise. Vous assumez de faire moins. Vous vous différenciez des autres.

 

Vous arrivez à aller au-delà des phrases marketing creuses et vides de sens . Vousosez ne pas faire comme les autres. –Ferréole Lespinasse

 

 

Cela a un impact énorme sur votre taux d’engagement, vos performances économiques, votre image de marque… entre autres.

Cela vous permet de rationaliser votre processus de production et donne plus de sens à votre démarche. De quoi conforter le rôle stratégique de votre communication.

 

L’accompagnement vers un numérique responsable

Maintenant que vous avez plein de bonnes pratiques en tête, il est temps de vous y mettre pour de vrai.

 

Les défis et freins à la transition vers un numérique responsable

Le souci, c’est que l’on rencontre de nombreux freins en entreprise pour la mise en place d’une transition numérique responsable.

Cela dit, il y a de bonnes nouvelles ! On observe tout de même une petite prise de conscience dans les entreprises.

La problématique est souvent liée au fait que les Directeurs et Directrices des Systèmes d’Informations (DSI) sont restés jusqu’à présent assez à l’écart des démarches RSE dans les entreprises.

Les DSI sont depuis plusieurs années en pleine course à l’innovation. La dématérialisation et la numérisation à moindre coût sont au cœur de leurs démarches.

Il y a donc beaucoup d’inertie dans les grandes entreprises. Il n’est pas évident de revenir sur ce qui a été fait pendant des années.

Les entreprises ont parfois peur d’une perte de leur part de marché. Pourtant, s’intéresser aux besoins de ses utilisateurs et utilisatrices est source d’amélioration, voire d’innovation !

Le Covid a mis en évidence notre dépendance au numérique dans la sphère professionnelle. On n’a pas le choix, on doit continuer à développer des solutions numériques pour répondre aux différents besoins de nos cibles.

Maintenant, ces solutions doivent aussi intégrer les enjeux environnementaux. Cela remet en question les orientations stratégiques des dernières années. Jusqu’à remettre en cause ce qui avait été mis en place.

Entre politique RSE, hyper-numérisation et besoins professionnels, c’est là que la transition vers un numérique responsable a trouvé sa place.

 

Une autre raison qui pousse les DSI à faire converger RSE et DSI, ce sont leurs appétences personnelles pour l’écologie. C’est plus facile de faire évoluer les choses quand on est soi-même impliqué ou impliquée.

Une fois de plus, le défi reste donc de convaincre les réfractaires. Montrer que les mesures liées à l’environnement ne sont pas nécessairement contraignantes. Qu’elles ne vont pas porter atteinte aux profits de l’entreprise.

Au contraire ! Il est aussi question de réduction des coûts à plusieurs niveaux : équipements, développement, consommation d’énergie, …

Sans compter les autres intérêts à faire votre transition :

  • L’amorcer maintenant vous permettra d’être en avance sur vos concurrents,
  • Vous boosterez l’implication et la productivité de vos collaborateurs en les intégrant à un projet interne à impact positif,
  • Les nouveaux talents, comme les consommateurs et consommatrices, deviennent de plus en plus regardant sur l’engagement des entreprises,
  • On fait partie de la solution et il ne tient qu’à vous de vous mettre à l’action,
  • Toutes les entreprises seront bien obligées de s’y soumettre au regard des évolutions du cadre législatif sur le numérique responsable. Donc n’attendez pas que la réglementation vous l’impose, anticipez la loi (REEN) : les premières entreprises qui agissent définissent le cadre, les autres doivent s’y plier.

Il y a donc un véritable travail d’information et de sensibilisation à faire auprès des personnes concernées. Ce que l’on espère soutenir avec ce type d’enquête.

 

Comment lancer cette transition vers le numérique écoresponsable?

Commencer par vous informer, avec nos podcasts, par exemple, ou nos articles. En suivant nos intervenants et intervenantes sur leurs plateformes de communication.

Une fois les idées intégrées, il est temps de vous former. L’objectif est d’éviter à tout prix les idées reçues et le greenwashing.

Ensuite, mesurez votre empreinte environnementale pour pouvoir évaluer les efforts à faire.

Posez-vous aussi quelques questions :

  • Y a-t-il une réelle stratégie numérique responsable mise en place ?
  • La DSI participe-t-elle aux réflexions d’achat ?
  • Y a t-il une démarche de sensibilisation et de formation de vos équipes ?

 

Enfin, créez un plan d’action adapté à votre situation. Entourez-vous de professionnels et professionnelles pour vous aider à vous améliorer.

N’hésitez pas à nous contacter pour un coup de main côté web !

 

Conclusion

Selon les Accords de Paris, on doit atteindre moins de 2 degrés d’augmentation moyenne de la température du globe. Si on continue comme on le fait aujourd’hui, on vise plutôt les 3 degrés !

Dans tous les cas, on va droit dans le mur. On va assister à un effondrement du numérique et de la société telle qu’on la connaît. C’est en cours !

Mais on peut réduire la vitesse de l’impact.

Le numérique est donc l’un des leviers du monde de demain. Il a un rôle à jouer dans le changement de nos sociétés et la sensibilisation des populations. Pour construire un monde meilleur pour nous et les générations futures.

Nous, on y croit et on milite pour !

 

On a une chance dans le numérique : on fait à la fois partie duProblèmeet de la Solution. –Tristan Nitot

La fin de notre série, mais pas du numérique écoresponsable !

On arrive au bout de nos résumés. On espère qu’ils vous seront utiles pour passer à l’action.

Comme on ne veut pas vous laisser en plan, on vous partage d’autres ressources pour élargir le sujet :

  • Déclic responsable, le podcast de Périne Tanguy sur le numérique responsable.
  • Challenge for Earth, réalisé par Florian Doyen : parcours de défis sur l’alimentation, les déchets, le numérique avec des actions concrètes à mettre en place. Pour la fierté et la grande satisfaction de faire des petits gestes au quotidien. A destination des particuliers, puis à terme des organisations. Des défis accessibles à toutes et tous, une communauté sur Discord. 
  • Osez le slow en entreprise : de Heidi Vincent, Delphine Poirier et Keyne Dupont. Pour revenir à une croissance naturelle de notre société.

A lire aussi

numérique écoresponsablesobriété numérique

[Résumé épisode 1 - numérique écoresponsable] Fondements et enjeux

numérique écoresponsablesobriété numérique

Hippo'dcast [Focus écologique - Numérique écoresponsable] - épisode 4

accessibilité numériqueinclusion numérique

Enquête éthique Hippocampe - Accessibilité et inclusion numérique